Les allergènes en plusieurs langues
Relevé du 15 septembre 2026
Traduire une carte et traduire ses allergènes ne sont pas le même travail. Une erreur sur un nom de plat gêne le service ; une erreur sur un allergène met quelqu'un en danger. Cette page explique ce que la réglementation demande, où les traductions se trompent le plus souvent, et ce qu'il faut vérifier.
Cette page décrit des textes publics et des pièges de traduction constatés. Ce n'est pas un avis juridique. Pour votre situation précise, référez-vous aux textes cités et, au besoin, à votre chambre de commerce, à votre organisation professionnelle ou à la DDPP de votre département.
Ce que demande la réglementation
Deux textes encadrent le sujet en France.
Le règlement (UE) n° 1169/2011, dit règlement INCO, applicable depuis le 13 décembre 2014, liste à son annexe II quatorze substances ou produits provoquant allergies ou intolérances, dont la présence doit être signalée.
Le décret n° 2015-447 du 17 avril 2015 précise l'application aux denrées non préemballées, ce qui comprend les plats servis en restauration : l'information sur ces allergènes doit être disponible, sous forme écrite, et accessible au consommateur sans qu'il ait à la demander.
Deux conséquences pratiques, souvent mal comprises :
- La liste des quatorze est fermée. Elle ne dépend pas de ce que vos clients demandent habituellement. Un allergène rare chez vos clients y figure quand même s'il est dans la liste.
- « Demandez au serveur » ne remplace pas l'écrit. L'information doit exister par écrit et être accessible ; l'oral peut la compléter, pas s'y substituer.
Les quatorze allergènes de l'annexe II
Dans l'ordre du texte : céréales contenant du gluten · crustacés · œufs · poissons · arachides · soja · lait · fruits à coque · céleri · moutarde · graines de sésame · anhydride sulfureux et sulfites au-delà de 10 mg/kg ou 10 mg/L · lupin · mollusques.
Chacun couvre aussi les produits à base de cette substance : une sauce au soja porte le soja, un bouillon au céleri porte le céleri. C'est là que la plupart des oublis se produisent — dans les fonds, les sauces et les marinades, jamais dans le plat principal.
Pourquoi la traduction des allergènes est un travail à part
Les catégories de l'annexe II ne se découpent pas de la même façon d'une langue à l'autre. Un mot courant dans la langue d'arrivée peut recouvrir deux catégories distinctes, ou n'en recouvrir qu'une partie. Voici les confusions les plus fréquentes.
Crustacés et mollusques : deux entrées, un seul mot courant
L'annexe II les sépare : les crustacés (crevette, crabe, homard) et les mollusques (moule, huître, calamar, escargot) sont deux lignes différentes. En anglais courant, shellfish désigne couramment les deux. Un client allergique aux crustacés mais qui tolère les mollusques — cas fréquent — reçoit alors une information inutilisable. Nommez les deux catégories séparément dans chaque langue.
Fruits à coque et arachide : deux entrées, souvent confondues
L'arachide est une légumineuse et constitue une entrée distincte des fruits à coque (amande, noisette, noix, noix de cajou, pistache…). En anglais, nuts est employé couramment pour les deux, et peanut est parfois rangé sous nuts. La distinction compte : beaucoup de personnes allergiques à l'arachide tolèrent les fruits à coque, et l'inverse existe aussi.
Le lupin, que personne ne reconnaît hors d'Europe
Le lupin figure à l'annexe II et se retrouve dans des farines et des substituts. Son nom traduit littéralement n'évoque rien pour un client non européen. S'il est présent, nommez-le explicitement plutôt que de compter sur la traduction du mot seul.
Le sésame, souvent invisible dans les sauces
Dans les cuisines coréenne, japonaise et levantine, l'huile et les graines de sésame sont si courantes qu'elles ne sont plus mentionnées dans le nom du plat. Le client qui lit la carte dans sa langue d'origine ne s'attend pas non plus à devoir le demander : pour lui, c'est un ingrédient de base.
Lait, lactose et protéines de lait
L'entrée de l'annexe II est le lait et les produits à base de lait, c'est-à-dire les protéines. L'intolérance au lactose est autre chose. Beaucoup de traductions rendent l'entrée par un mot qui évoque le lactose, ce qui laisse croire à tort qu'un produit « sans lactose » convient à une personne allergique aux protéines de lait.
Céréales contenant du gluten, et non « gluten »
L'entrée vise les céréales (blé, seigle, orge, avoine, épeautre, kamut) et les produits qui en dérivent. Traduire par le seul mot « gluten » perd l'information sur la céréale en cause, qui compte pour certaines personnes.
Le même problème que la carte : la mise à jour
Un tableau d'allergènes traduit puis figé se désynchronise exactement comme une carte traduite et figée, mais les conséquences ne sont pas comparables. Vous changez de fournisseur de pain, la recette contient désormais du sésame : la version française est corrigée le jour même, les autres langues restent en l'état.
C'est la raison pour laquelle la question « qu'est-ce qui met à jour les autres langues ? » compte plus, ici, que la qualité de la première traduction. Un tableau juste à 100 % le jour de sa rédaction et faux six mois plus tard est un tableau dangereux.
Le même raisonnement, appliqué à la carte elle-même : la carte de restaurant en plusieurs langues.
Ce qu'il faut vérifier, sur votre carte et sur un outil
- Les quatorze sont-ils tous représentables ? Certains outils n'en proposent que dix ou douze. Comptez-les.
- Les allergènes sont-ils traduits, ou seulement les noms de plats ? C'est la question qui tranche, et la réponse est souvent « seulement les plats ».
- Crustacés et mollusques sont-ils deux entrées distinctes dans chaque langue proposée ?
- Arachide et fruits à coque sont-ils séparés dans chaque langue ?
- La mise à jour. Je corrige un allergène en français : les autres langues suivent-elles, et en combien de temps ?
- L'écrit est-il accessible sans le demander ? Un tableau rangé derrière le comptoir ne remplit pas cette condition.
- Relecture par un locuteur. Pour vos deux langues les plus fréquentes, faites relire la liste des quatorze par quelqu'un qui parle la langue. C'est une heure, une seule fois, et c'est le contrôle qui attrape les confusions décrites plus haut.
Ce que font les solutions du marché
Un menu digital de restaurant permet presque toujours de marquer les allergènes sur un plat. Beaucoup moins nombreux sont les logiciels de prise de commande qui traduisent ces mentions dans les langues du menu : le plat change de langue, la mention d'allergène reste dans la langue d'origine.
Au relevé du 15 septembre 2026, les pages publiques des éditeurs sont rarement explicites sur ce point précis. C'est une question à poser par écrit avant de signer, avec une réponse simple à obtenir : demandez une capture de votre propre carte, dans une langue non latine, avec les allergènes affichés.
Pour situer notre position : GONI est l'éditeur de cette page, et un logiciel de prise de commande. Les douze langues et les allergènes traduits sont compris dans l'abonnement de 99 € par mois. Cela ne vous dispense pas de la relecture décrite plus haut — aucun outil ne vous en dispense, et nous ne prétendons pas le contraire.
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